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Archive for janvier 2010

OZAN KOCOGLU

Janvier 2009

 

Ozan est français. Pourtant il vit bien loin du pays qui l’a vu naitre, puisqu’à 27 ans, il avait déjà passé presqu’un quart de son existence au Japon. Si de nombreux français rêvent de l’archipel, peu sont ceux qui ont la chance (ou la volonté réelle) de s’y installer sur le long terme, faute de n’avoir pu trouver leur place dans une société difficilement ouverte à l’immigration. Ozan Pierre a su utiliser le programme JET (assistant de français dans un lycée), pour arriver à ses fins, grandir et s’imposer au Japon.

 

Pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Ozan, né à Paris.

Comment en êtes-vous venu au Programme JET ?

J’ai d’abord étudié le Japonais à l’université de Jussieu à Paris pendant un an. Puis, j’ai passé une année au Japon via le visa vacances-travail au cours de laquelle j’ai travaillé (petit –ou grand boulots ; pas d’étude du japonais). Je suis ensuite retourné à Jussieu (obtenu ma deuxième année de Deug au rattrapage de septembre je n’ai donc ainsi pas « perdu d’année ») pour finir ma licence. A l’issu de celle-ci, je suis (re)parti directement au Japon par le biais du programme JET.

Combien d’années avez-vous séjourné au Japon ? Le programme JET était-il une première étape pour vous y installer ?

Au jour d’aujourd’hui, je suis dans ma sixième année au Japon. Le programme JET, qui m’a permis de séjourner trois ans au Japon, constitue en effet une étape importante pour s’installer à moyen ou long terme au Japon.

Le programme JET constitue-t-il votre première expérience au Japon ?

Non, comme il est expliqué plus haut, j’y avais déjà passé un an auparavant via le visa vacances-travail.

Pourquoi le programme JET plutôt qu’un visa vacances-travail, ou un quelconque autre moyen de se rendre au Japon ?

J’ai eu l’occasion (ou la nécessité ?) de faire les deux. Cela dit, le JET permet de faire 1, 2, 3 ans, et même maintenant jusqu’à 5 ans au Japon. La sélection pour y participer est certes rude, mais cela reste un avantage de taille face au visa vacances-travail qui ne permet de rester au Japon que pendant 1 an maximum, non renouvelable.

La mission était elle enrichissante pour vous ? J’ai lu certains témoignages faisant état d’une frustration due au fait que les supérieurs japonais étaient peu enclins à laisser les JET monter leurs propres projets.

En effet, il arrive parfois (je n’ose pas dire systématiquement) que l’on soit saisi d’une certaine frustration face à la hiérarchie japonaise. Je pense que tous les JETs l’ont ressentie un jour, de manière plus ou moins forte, et aussi selon le degré d’investissement du JET dans son environnement de travail. Néanmoins, on finit toujours par surpasser ces désagréments, et globalement je suis presque toujours arrivé à faire ce que je souhaitais. Un peu de persévérance, mais surtout une certaine manière de présenter les choses peut faire tourner les projets dans le bon sens. Aussi, avoir du soutien parmi la hiérarchie est un gros plus ; comme dans n’importe quel autre milieu, bien s’entendre avec son entourage est un atout de poids.

En quoi constituait votre mission ?

J’étais ALT (Assistant Language Teacher) en langue française dans le lycée InaGakuen de la préfecture de Saitama (juste au nord de Tokyo). Le niveau de français de cet établissement étant l’un des plus élevés parmi les lycées préfectoraux publics japonais, il y avait pas mal de choses à faire et relativement beaucoup d’heures de cours (17 heures au total). En plus d’InaGakuen, je me rendais tous les mercredis dans un autre lycée, le lycée Warabi, où j’enseignais aussi le français 3 heures par semaine. En plus de cela, je participais en tant que membre du comité d’orientation à un projet d’échanges d’élèves de collège et lycée entre la France et le Japon, appelé le réseau « Colibri », en partenariat avec l’Ambassade de France. Enfin, j’étais SGL (Self-support Group Leader ; représentant) pendant 2 ans pour la communauté francophone du JET programme : il s’agit globalement de mettre en place des structures pour que les JETs francophones puissent communiquer et échanger plus facilement (site web, organisation de rencontres, etc.).

Sentez-vous que votre présence modifiait l’atmosphère du bureau/établissement dans lequel vous évoluiez ? Vos collègues japonais se comportaient-ils différemment en votre présence ?

Pas vraiment. Je pense que c’est plutôt le contraire : c’est cette atmosphère qui me modifiait. Mes collègues japonais se comportaient normalement, car la plupart pensaient que c’était à moi de m’adapter à leur système, et non l’inverse. Au début, ce n’est pas toujours facile, mais on s’y fait. De plus, je n’étais pas le seul ALT du lycée : nous étions en tout 7 (toutes nationalités confondues – français, allemand, chinois, anglophones), venant du JET ou envoyés par des compagnies privées, donc les professeurs en place savaient déjà plus ou moins comment travailler avec des personnes issues d’autres cultures.

Concrètement, que pensez vous avoir apporté au Japon ? A vos collègues ? A toutes les personnes que vous avez rencontrées au sein de votre mission ?

Au Japon ? Rien du tout, je n’ai pas la prétention de faire changer les choses au niveau national. Par contre, à un niveau local (soit géographique, soit en fonction du milieu comme celui de l’enseignement du français au Japon) j’ai l’impression d’avoir aidé un tant soit peu à l’amélioration de certaines choses. Ces choses sont d’abord, bien sûr, le niveau de français et de connaissance de la culture française de mes élèves (j’organisais, entre autres, des exposés hebdomadaires sur la culture française, et aussi un cours de cuisine mensuel qui était très populaire). Au niveau de mes collègues, j’ai pu rompre avec certains clichés et préjugés qu’ont les japonais à notre égard (les français sont « toujours en retard, désorganisés, jemenfoutistes, etc » – je suis tout le contraire). Ensuite, plus largement, collaborer au projet Colibri m’a permis d’apporter ma petite touche personnelle au bon fonctionnement de ce réseau. De plus, j’ai eu la chance de participer une fois par an à une World Fair dans la ville d’Ageo à Saitama, où j’y animais un stand en tant que représentant de la France.

Que vous a apporté cette expérience concrètement ?

A un niveau pragmatique, le JET m’a apporté les clés pour continuer à travailler au Japon. Même s’il s’agit d’un poste dans le domaine public (fonctionnaire), il m’a permis d’en apprendre beaucoup, culturellement, sur les comportements à avoir ou pas en milieu professionnel au Japon. J’ai pu aussi me faire une idée de la manière avec laquelle gérer les conflits afin de trouver les issues les plus acceptables pour tous. En bref : me confronter à une manière radicalement différente de gérer les choses m’a fait mûrir, et m’a préparé à mon avenir professionnel au Japon ou ailleurs. L’expérience dans le programme JET m’a servi de « tremplin psychologique » et de préparation à mon futur travail dans la société japonaise. Je travaille à présent dans le « business », en tant que responsable de la filiale asiatique d’une entreprise française d’IT appelée AtomiZ ; je suis donc en contact permanent avec des clients ou partenaires japonais avec lesquels nous avons des contrats que je dois gérer et mener à bien. A un niveau plus sentimental, le JET est surtout une grande expérience humaine. J’ai pu y rencontrer des gens fantastiques, comme le professeur avec qui j’ai travaillé en tandem pendant 3 ans, les autres JETs avec lesquels j’ai parfois noué des liens d’amitié très forts, et enfin mes élèves dont les sourires et le soutien naturel m’ont permis de continuer à faire de mon mieux dans les moments les plus sombres. Je remercie toutes ces personnes (elles se reconnaîtront…mais j’en oublie !), qui ont eu chacun à leur manière une influence positive et même parfois nécessaire sur mon développement personnel.

Si vous avez envie d’ajouter quoique ce soit sur le programme JET, je suis tout ouïe.

Je pense avoir dit le principal. Si ça ne suffi pas, n’hésitez pas à me contacter.

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HARUKO

Janvier 2009

 

En 2009, Haruko était une étudiante japonaise en échange à Paris. Loin de ses amis de toujours, à la recherche de nouvelles rencontres, le SNS Mixi (le « Facebook japonais ») s’est imposé à elle comme un outil idéal pour partager son expérience en France et pimenter sa vie. 

 

Pourquoi t’es tu inscrite sur Mixi ?

Les nouveaux amis que je me suis fait en entrant à l’Université étaient déjà inscrits ; je me suis dit que ça avait l’air amusant.

Combien de fois par semaine te connectes-tu sur Mixi ?

Quand j’étais encore au Japon, je me connectais environ trois fois par semaine. Maintenant que je suis en France, ce serait plutôt cinq. Je tiens peu à jour mon journal personnel, mais je lis celui de mes amis, et je peux ainsi vivre leur quotidien.

Depuis quand es tu inscrite sur Mixi ?

Je me suis inscrite au printemps de mon entrée à l’Université, il y a donc deux ans et demi environ.

Tu vis aujourd’hui en France. Mixi t’a-t-il permis de te faire des amis en France ? Si oui, ces amis sont-ils Français ? Japonais ?

On trouve des communautés sur Mixi destinées aux Français apprenant le japonais et aux Japonais apprenant le Français. Avec des amies, nous avons intégré ces groupes grâce auxquels j’ai pu me faire des amis Français.

Te sers tu de Mixi pour relater ta vie en France ? Utilises-tu Mixi comme d’un blog ? Est-ce que tes amis ou ta famille au Japon lisent ta page personnelle afin d’avoir des nouvelles de toi ?

Oui, je parle quand même un peu de mon expérience française sur ma page Mixi. Ma famille n’est pas sur Mixi, mais mes amis me lisent et m’envoient des commentaires. Plutôt que de s’envoyer des mails de temps à autre, c’est un moyen plus amusant et plus facile de rester en contact.

Recherches-tu des conseils ou des avis chez les autres utilisateurs de Mixi ? Par exemple, t’arrive-t-il de faire appel à eux afin de savoir où manger, où sortir dans Paris ?

Oui, pour ça, il existe des communautés où tout ce genre d’informations sont réunies. De nombreux étudiants en échange ou de gens habitant à Paris participent à ces communautés. On a par conséquent accès à des informations de premier ordre.

Utilises-tu aussi Facebook ou encore My Space. En quoi ces SNS diffèrent-ils de Mixi ? Qu’est ce que tu préfères ?

Je me suis inscrite sur Facebook en arrivant en France. Grâce à Facebook, je suis en relation avec tous mes amis venant d’horizons divers rencontrés à Paris. Seuls les Japonais ou les personnes parlant le japonais peuvent utiliser Mixi. Par ailleurs, Mixi est plus utilisé sous forme de journal intime où l’on écrit plus longuement. Facebook est très pratique quand il s’agit d’envoyer un petit mot rapidement.

C’est dommage que les Japonais ne soient presque pas sur Facebook. Les Japonais sont habitués à Mixi et aiment, par conséquent, utiliser ce Social Network Service.

Es-tu déjà passée par Mixi pour trouver un correspondant ?

Non jamais. J’avoue que ça me fait un peu peur d’entrer en contact avec des gens que je n’ai même pas rencontrés une fois.

Penses-tu que Mixi soit un bon outil pour développer son réseau international ?

C’est probablement un bon outil pour les étrangers ayant un intérêt pour le Japon. C’est aussi un bon moyen pour avoir des nouvelles sur une base régulière d’amis étrangers rencontrés au Japon, après qu’ils soient rentrés dans leur pays d’origine.

Le site Mixi ne se décline qu’en Japonais. Penses tu que c’est dommage ?

C’est peut être dommage, mais en fait, vu qu’il existe Facebook ou encore My Space, ce n’est  peut être pas plus mal que Mixi garde cette spécificité japonaise.

Que penses-tu du fait qu’on puisse s’inscrire sur Mixi uniquement sur invitation ?

Je ne pense pas que ce soit un problème.

As-tu déjà cherché un job via Mixi ? Penses-tu que Mixi soit un bon outil pour faire du business ?

Non, jamais. Néanmoins, je pense que c’est un bon outil pour chercher un job à l’étranger, par exemple. Par ailleurs, vu le nombre d’utilisateurs, c’est certainement un bon outil pour faire du business.

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YUKA No KOHAI

JUIN 2009

 

Une amie de Tokyo Yuka m’a mis en relation avec une de ses collègues. Cette dernière a toujours aimé Mickey et connait l’univers de Disney par coeur. Dans ma recherche incessante d’une réponse à la question « qu’est ce que Disney Land a de si particulier », cette jeune Japonaise a eu la gentillesse de me venir en aide. En plus, elle est mignonne en Minnie.

Un article intéressant sur Tokyo Disney Land : http://www.aujourdhuilejapon.com/actualites-japon-tokyo-disneyland–ans-et-plein-de-projets-3849.asp?1=1

 

Combien de fois t’es tu rendue à TDL jusqu’à présent ? A quel âge y es tu allée pour la première fois ?

Je ne peux pas dire exactement combien de fois je m’y suis rendue, mais probablement plus de vingt fois. J’y suis allée pour la première fois à 2-3 ans D’ailleurs j’ai une photo de moi en poussette avec ma famille.

Avec qui as-tu coutume d’aller à Disney Land ?

Jusqu’à la fin de l’école primaire, j’y allais en famille. Par la suite, à partir du collège, j’y suis toujours allée entre amis ou avec mon petit-ami.

Pourquoi TDL est il considéré comme un haut lieu des rendez-vous amoureux ? Est-ce aussi un lieu pour les familles ?

Probablement parce que l’ambiance y est magnifique. Avec sa ville italienne et ses nombreux décors romantiques, les Japonais disent que Tokyo Disney Sea est tout particulièrement fait pour les amoureux.

Si on devait citer quelques points pour montrer que Disney Land s’adresse aussi aux familles, je penserais à la bonne gestion des poussettes, à toutes les structures parfaitement organisées pour accueillir les groupes, et à l’incroyable savoir-faire du personnel avec les enfants grâce auquel on peut se rendre dans le parc en toute sécurité.

Pourquoi penses-tu que les Japonais aiment autant Disney Land ? La ferveur me parait beaucoup plus forte au Japon qu’en France.

L’amour porté aux dessins animés Disney et à tous leurs personnages pourrait être dû au fort développement de la culture des personnages et de l’animation au Japon, non ? Par ailleurs, les Japonais, et en particulier les jeunes filles, sont très sensibles au Kawaii ; par conséquent, même si elles aiment les attractions, elles seront particulièrement attirées par les spectacles et les goodies. Je pense aussi qu’à travers les décors américains ou européens, il est très facile de goûter aux charmes du voyage.

En quoi Disney Land est plus amusant qu’un autre parc d’attractions ?

Je pense que c’est parce que Disney Land dispose de nombreux personnages attachants ainsi que d’attractions centrées autour d’une histoire que les autres parcs n’ont pas. Le secret du succès, pour de nombreux visiteurs, vient de la richesse des personnages et des décors. Par ailleurs, avec ses parades, ses attractions, la carte de ses restaurants, ses souvenirs qui évoluent au gré des saisons, les sens des visiteurs sont extrêmement sollicités. A chaque visite, on peut découvrir quelque chose de nouveau, ce qu’on ne trouve pas ailleurs selon moi.

Les attractions Disney ne sont pas effrayantes. Qu’y a-t-il d’amusant dans ces attractions ?

Personnellement je ne suis pas une grande amatrice des attractions violentes qui font crier. Pour moi les attractions de Disney Land sont idéales. Comme je l’ai dit précédemment, elles racontent des histoires et c’est là leur intérêt. Elles sont basées sur des films que tout le monde connait. Les visiteurs souhaitent vivre ces films de l’intérieur, ce qui rend les manèges amusants.

Jusqu’à quel âge penses-tu aller à Disney Land ?

Je ne sais pas jusqu’à quel âge j’irai à Disney Land mais, ce qui est sûr, c’est que j’emmènerai mes enfants quand j’en aurai.

Que préfères-tu à Disney Land ?

J’adore l’atmosphère générale que dégage le parc et tous les goodies. J’aime aussi bien sûr les manèges, mais je m’amuse juste à être dans le parc. Contrairement aux Disney Store, je prends beaucoup de plaisir à acheter dans les magasins du parc de par la variété importante des objets excitant ma curiosité qu’ils proposent. En général, ils sont exclusivement en vente à Disney Land.

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NAOKO (23 ans)

06/2009

 

Naoko est une jeune fille que j’ai rencontrée lors de mon séjour dans le Kansai. Elle était particulièrement enthousiaste à l’idée de répondre à des questions concernant Tokyo Disney Land, pour la simple et bonne raison qu’elle aime cet endroit. Au Japon, elle est loin d’être la seule. 

 

Combien de fois es tu allée à Disney Land jusqu’à maintenant ? Avec qui y es tu en général allée ?

Je suis allée à Disney Land plus de dix fois. La première fois, j’avais peut être six ans et je m’en souviens bien. J’y suis allée avec ma famille, avec mes amis, mais jamais avec mon copain. Une légende dit que si on s’y rend avec son copain, on se sépare à coup sûr par la suite. En regardant attentivement, on se rend compte qu’il y a beaucoup de couples à Disney Land en train de faire la queue devant les attractions ; quand on attend trop longtemps, on s’énerve et on finit par se disputer.

Il y a une différence entre parcourir Disney Land entre amies ou avec son copain.  Avec son copain, on y va plus pour l’ambiance ; Avec ses amis, on y va pour les attractions.

Pourquoi penses-tu que Disney Land remporte un tel succès au Japon ?

Je pense que les Japonais se rendent à Disney Land pour oublier la vie de tous les jours. Disney Land est un pays de rêve, on y va pour oublier la réalité, pour s’émouvoir de tout ce qui nous entoure. Si je pouvais vivre à Disney Land, je le ferais sans hésiter. On peut expérimenter des choses qu’on ne vit jamais dans la vie quotidienne, et c’est amusant.

Peut-on dire que tu te rends à Disney Land pour l’ambiance du monde féérique qui t’entoure plus que pour les sensations que procurent les attractions ?

Je tiens à dire que même s’il y n’avait pas de nouvelles attractions, je continuerais à y aller. En fait, il n’y a aucun rapport entre mes envies de Disney Land et les attractions. Par rapport à un autre parc, Disney Land est complètement différent. Les attentes et espoirs sont différents. Dès qu’on franchit les portes, on est transporté dans un autre monde. Par exemple, par rapport à Universal Studio Japan, il y a beaucoup plus de personnages. Que puis-je dire d’autre ? C’est un pays de rêves quand les autres parcs d’attractions n’ont pas su faire naitre et vivre un monde à part.

Y a-t-il un âge pour se rendre à Disney Land ?

Je pense que je ne cesserai jamais d’y aller. J’irai toute ma vie. Entre mon enfance et aujourd’hui, mes sentiments à l’égard de Disney Land, les sensations que me procurent le parc n’ont pas changé, et je ne vois pas de raison pour que ça change à l’avenir. Ce que je préfère et que j’ai toujours préféré reste le château de Cendrillon.

Souhaiterais-tu visiter Disney Land Paris, si tu te rendais en France ?

Si j’étais de passage à Paris, je ne me rendrais pas à Disney Land, parce qu’on en a un au Japon et qu’il y a d’autres choses à voir en France.

Combien te coute un séjour dans le parc ?

Pour mes dépenses sur place, je compte au minimum 10 000 yens par jour. Il faut savoir que je ne reste jamais moins de deux jours et que je loge toujours dans un hôtel officiel de Disney Land Ressort, pour environ 10 000 yens la nuit. La journée, je dépense mon argent principalement en petits souvenirs et surtout en confiseries.

Que ressens-tu quand tu te trouves à Disney Land ?

A chaque fois que je me rends à Disney Land, j’ai l’impression de revenir en enfance. Au Japon, la vie active est très difficile, très exigeante, il est donc normal de vouloir revivre une période plus douce telle que sa jeunesse. Pour ma part, la période que j’ai préférée dans ma vie était celle de l’université. En quatre années d’études supérieures, je me suis rendue trois fois à Disney Land.

A chaque fois que je reviens de Disney Land, je suis émue. Ce que je préfère et qui me procure les plus belles sensations, ce sont les parades. Elles me donnent l’impression d’être partie intégrante de l’univers Disney.

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KOSUKE (27 ans/étudiant)

 07/09/2009

 

Kosuke, 27 ans, se confie suite aux élections législatives d’août 2009 au Japon. Au cours de cet entretien, Kosuke aborde le rapport des jeunes Japonais à la politique, les espoirs mais aussi les doutes suscités par l’alternance ainsi que l’excitation qu’il a pu ressentir en suivant un débat public animé.

 

As-tu voté lors des élections de la semaine dernière ? Si non, pourquoi/Si oui, pourquoi ? Votais-tu pour la première fois ?

Oui j’ai voté. Que le scrutin soit national ou régional, mes pieds me portent naturellement jusqu’au bureau de vote depuis les dernières élections législatives, il y a quatre ans, à moins que je ne sois pas en mesure de m’y rendre. Si je vote, c’est par conviction. Je pense qu’il est nécessaire que chacun participe aux élections afin d’œuvrer à la construction de la démocratie au Japon. Il y a encore 60 ans, le Japon était une Nation militaire. La démocratie a été implantée après la défaite par les américains. En d’autres termes, la démocratie est bien présente, mais je pense que la population n’a pas conscience qu’il faut a soutenir. Il faut que les Japonais, plus encore que les habitants d’aucun autre pays, participent activement aux élections afin que la démocratie arrive à maturité. Concernant cette élection, je pense qu’il y a d’autres raisons qui m’ont poussé à voter.  La date du scrutin a été décidée bien en avance et le débat a bien eu lieu ; en comparaison à d’autres élections, j’ai pu en sentir toute l’importance.

Etais-tu particulièrement intéressé par les enjeux de cette élection ?

Lors de cette élection, les questions du modèle politique, du modèle économique, mais aussi de la crise ont été abordées. Bien plus que par le passé, il me semble que l’intérêt des Japonais était prononcé. Inévitablement, je n’ai pas fait exception.

L’intérêt des jeunes pour la politique t’a-t-il semblé plus fort pour les élections générales de 2009, comparé aux élections précédentes ?

Lors des quatre dernières années, le chômage des jeunes a progressé inéluctablement. De plus, des thèmes tels que l’augmentation du nombre de travailleurs irréguliers, des personnes contraintes d’accepter des conditions de travail difficiles, ou encore des licenciements faisant fi de la dignité des travailleurs, ont bénéficié d’une importante couverture médiatique. Dans de telles circonstances, il n’est pas difficile d’imaginer que le mécontentement des jeunes et leur sentiment d’insécurité aient pris de l’ampleur. L’intérêt qu’ils portent à la politique semble être renforcé, mais en même temps, ce phénomène pourrait témoigner d’une défiance envers les institutions. Naturellement, je fais partie de ces jeunes. Là, je fais référence aux jeunes qui ont véritablement eu à vivre la recherche d’emploi. Jusqu’à ce que les jeunes étudiants entrent dans la période de recherche d’emploi – en général, celle-ci débute entre la fin de la troisième année d’université et le début de la quatrième – ils n’ont pas l’occasion de connaitre le monde professionnel, du fait du fossé qui existe entre ces deux univers.  Par conséquent, ils n’ont pas vraiment d’intérêt pour la politique.

 On dit que les politiciens japonais ne s’adressent pas aux jeunes, qu’en penses-tu ?

Cette question a lieu d’être dans d’autres pays. Si on se limite aux médias japonais, on n’a pas l’impression que les politiciens des autres  pays s’adressent particulièrement aux jeunes – mais peut être est-ce un problème de partialité des médias japonais. Quoiqu’il en soit, si je me réfère aux dernières élections en France, j’ai pu voir Sarkozy ou Royal s’adresser aux jeunes.  Ceci démontre le fort intérêt pour la politique des jeunes français ; les politiques n’ont d’autres choix que d’y répondre. Par conséquent, je pense que le manque d’intérêt des politiciens pour les jeunes tire son origine du manque d’intérêt des jeunes pour la politique.

 Crois-tu que l’alternance politique entre le PLD/自民党 et le PD/民主党 va rendre la vie politique japonaise plus passionnante ? Penses tu que le taux de participation aux élections à l’avenir va augmenter ?

Concernant le fort intérêt qui a entouré cette élection, il était uniquement dû au mécontentement envers la politique national. Par conséquent, il est plus facile d’opter pour l’alternance politique plutôt que de choisir la stabilité. Autrement dit, c’est le fort intérêt pour la politique nationale qui a été le moteur de l’alternance. Je ne crois pas en la théorie selon laquelle la possibilité de l’alternance renforcerait l’intérêt de la population pour les futures élections ou pour la politique intérieure.

 Est-ce que tu entendais autour de toi les gens parler de politique plus que d’habitude ? As-tu discuté politique avec tes amis ?

J’ai entendu, à de nombreuses occasions, ma famille ou mes bons amis discuter des élections. J’étais moi-même actif.

 Les japonais croient ils vraiment en la politique annoncée par M. Hatoyama ?

Le PD a mis en avant l’engagement public, mais la population  ne pense pas que cet engagement pourra être tenu, n’a pas vraiment l’espoir de voir les réformes être mises en application. En ce qui concerne les réformes politiques visant la bureaucratie ou l’interdiction du pantouflage auxquelles la population adhère, je pense qu’il y a une attente mêlant espoir et doute.

 Pourquoi le PLD/自民党a-t-il perdu selon toi ?

Le système a perduré pendant 55 ans avec un faible niveau de mécontentement dans la population et une majorité de personnes satisfaites avec leur vie. Le PLD s’est désintéressé de la population, ce qui n’a pas de conséquences fâcheuses, jusqu’au moment où celle-ci doit faire face à de nombreux malaises. Le PLD a payé cette attitude. Ensuite, je pense que la gestion désastreuse du PLD durant les quatre dernières années a été le détonateur de la débâcle. Néanmoins, ce serait une erreur de réduire la défaite à un rejet du PLD. Le PD actuel comprend dans ses rangs de nombreux politiciens ex-PLD ayant fait sécession.

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