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Archive for février 2010

 

LOVE HOTEL/PINK

07 Février 2010

 

Les Love Hotel sont aujourd’hui un élément de la culture pop japonaise aux yeux des Occidentaux. Les images de chambres décalées où les amants pourront évoluer dans une véritable jungle tropicale, dans un donjon SM Hello Kitty, dans un lit tourbillonnant en forme de cœur, où encore dans le petit studio parisien d’Amélie Poulain, ont fait leur chemin et ces lieux déconcertants ont gagné une certaine renommée de par le monde. Pour autant, ce regard que portent les étrangers sur le lieu de rendez-vous des amoureux de l’archipel surprend les Japonais eux-mêmes. Ils ne perçoivent pas la singularité de l’endroit.

Pink, que j’ai eu la chance de rencontrer via Mixi, a accepté de décrypter pour moi ce qui fait l’intérêt des Love Hotel à ses yeux: un espace isolé où le temps s’arrête, qui vous donne l’impression de voyager.

 

Peux-tu te présenter ? (Initiales acceptées)

M. S.

Pourquoi les Japonais ont-ils besoin des Love Hotel ? Leur lieu de résidence n’est-il pas suffisant ?

En ce qui me concerne, j’habite seule et je n’éprouve aucune gêne à passer du temps chez moi avec mon copain. Je suppose que ceux qui les utilisent vivent au domicile parental et qu’ils sont gênés à l’idée d’inviter leur copain/copine. Ils se préoccupent de ce que pourraient penser leurs parents. Le sujet du sexe est encore délicat au Japon, et nombreux sont ceux qui ne pourraient pas avoir de rapports en sachant que les parents vivent dans les pièces voisines.

Quels sont les côtés que tu aimes dans les Love Hotel ? A quel âge y es tu allée pour la première fois ?

J’aime le côté décalé des Love Hotel. A chaque fois que je vais au Love Hotel, j’ai l’impression de faire un petit voyage. J’aime aussi, par exemple, le fait qu’il y ait dans la baignoire des lumières aux couleurs de l’arc en ciel, que le bain soit à bulles, l’imagination dont les créateurs des chambres ont fait preuve.

J’apprécie aussi le fait que, contrairement à un hôtel classique, on n’ait pas besoin de réserver à l’avance et donc, qu’on puisse s’y rendre quand on en a envie, avec un sentiment de légèreté.

Je séjourne dans les Love Hotel depuis que je suis lycéenne, c’est-à-dire depuis mes 16-17 ans.

Est-ce que les Love Hotel ont été conçus pour ceux qui souhaitent garder leur relation secrète (protéger leur relation des regards extérieurs) ? Les mineurs sont ils autorisés à y pénétrer ? Y a-t-il un client-type ?

Je pense que l’entrée des Love Hotel est interdite aux mineurs, mais, du moment qu’ils ne portent pas leur uniforme d’école, il n’y a pas de problème. Parmi les clients de Love Hotel, on compte bien sûr de nombreuses personnes recherchant la discrétion, mais je ne pense pas que ces établissements aient été créés pour répondre à ce besoin uniquement. Je ne sais pas vraiment pour quelles raisons ils sont apparus.

En règle générale, lorsque tu passes un moment dans un Love Hotel, utilises-tu tous les services qui te sont proposés (Home Cinéma, grandes baignoires, Karaoke…) ?

Personnellement, je ne m’en sers que très rarement. Je suis plutôt du genre à être heureuse en passant du temps avec mon copain en toute simplicité.

En France, on associe aux Love Hotels l’image de chambres originales avec des décors déjantés. Mais en réalité, les établissements proposant ce genre de chambres sont plutôt rares. En ce qui te concerne, préfères-tu des chambres à thèmes ? Pourquoi ?

J’aime les chambres à thèmes. Je pense que les chambres à thème nous font vraiment sentir qu’on n’est pas dans un hôtel classique mais dans un Love Hotel, et c’est de là que vient leur magie.

Penses tu que les Japonais aient besoin des chambres à thème pour donner un côté mignon au sexe, et le rendre plus facilement abordable (une sorte de diversion) ?

Le sexe étant ce qu’il est, je ne pense pas que ce soit possible dans faire quelque chose de mignon.

Le prix des chambres de Love Hotel étant intéressant, as-tu déjà pensé à y séjourner lors d’un voyage touristique ? Pourquoi ?

Je n’ai jamais utilisé une chambre de Love Hotel à des fins touristiques. Lorsque je voyage un peu loin, je réserve mes hôtels en avance ; par conséquent, je n’ai pas l’occasion d’utiliser les Love Hotel. S’il y avait des Love Hotel où il serait possible de réserver, ça ne me dérangerait pas d’y séjourner.

As-tu une anecdote marante à raconter à propos des Love Hotel ?

Je n’ai pas d’histoire marante à propos des Love Hotel, mais, en revanche, on entend souvent des histoires effrayantes les entourant. Dans un Love Hotel pas loin de chez moi, une personne en a entrainé une autre personne avec elle dans son suicide. J’ai entendu dire que c’était un couple gay. Ce Love Hotel est encore en service aujourd’hui.

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KANAKO

Janvier 2010

 

Kanako est aujourd’hui chercheuse. Afin de payer ses longues études, elle a décidé de mettre son savoir et son amour pour les enfants à contribution, en enseignant dans un Juku (école proposant des cours de soutien scolaire ou des cours de préparation aux examens). Kanako a donc toute la légitimité nécessaire pour pouvoir s’exprimer sur un tel sujet.

 

 

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Kanako. A l’époque où j’étais étudiante, j’ai enseigné dans un Juku en guise d’Arubaito (petit job). On peut dire que je n’étais pas vraiment un professeur, mais que mon job était plutôt de répondre aux questions des élèves désirant des compléments de cours. Je travaillais pour un Juku appelé Nichinôken dont la cible était les élèves d’écoles primaires spécialisées dans la réussite aux examens d’entrée au collège. A l’heure actuelle, cette chaine de Juku se développe dans tout le Japon et apparait comme la meilleure école pour préparer l’examen d’entrée au collège.

Combien y a-t-il d’élèves par classe dans un Juku ?

Le nombre d’élèves allait de 20 à 30. Cependant, ça varie en fonction de l’époque. Quand moi-même j’étais élève à l’école primaire, j’avais plutôt l’impression que le nombre d’élèves allaient de 30 à 40. J’étais là pour répondre aux questions des élèves en 3e année de primaire jusqu’à la 6e année.

Certains enfants Japonais trouvent le Juku plus intéressant que l’école ? Pourquoi ?

Il y a peu d’élèves pour dire que le Juku est plus intéressant. Néanmoins, pour ceux qui le pensent, les raisons diffèrent. Il y a des élèves avec de bonnes capacités intellectuelles qui trouvent que ce qu’on leur demande quotidiennement à l’école est trop facile. Par ailleurs, dans une partie des écoles japonaises, on assiste à la progression du phénomène dit « d’effondrement du niveau scolaire » que je regrette ; pour les élèves qui en sont victimes, une classe de juku apparait comme plus intéressante. Les enfants qui se font martyriser à l’école, n’ont, en général, pas ce problème dans un Juku. Pour toutes ces raisons, le Juku est plus amusant.

La différence entre le Juku et l’école, c’est que les élèves peuvent dire « NON » au Juku. On ne peut pas dire « NON » à l’école. Vu que les élèves qui font baisser le niveau des écoles japonaises refusent d’intégrer un Juku, le phénomène d’effondrement n’apparait pas dans ces institutions. La différence réside aussi dans le fait que les élèves empêchant la bonne marche de la classe dans le Juku peuvent émettre le souhait d’arrêter.

L’école est elle rendue inutile par le Juku, où les enfants ont la chance de pouvoir étudier sérieusement ? Les élèves se rendant au Juku sont ils en mesure de rester concentrés à l’école ?

Il est certain que quand l’étude au Juku devient primordiale, les élèves ont tendance à oublier la vie à l’école, et ça, je ne pense pas que ce soit une bonne chose pour les eux. Il y a, à l’école, des choses essentielles à étudier, particulièrement en primaire, qu’on ne retrouve pas au Juku telles que la musique, l’éducation physique, les travaux manuels, qui sont nécessaires au quotidien et qu’il ne faudrait mieux pas oublier. Le problème des Juku est que certains élèves dépassent clairement leurs limites, manquent de sommeil et dorment ensuite en classe à l’école. Je ne pense pas que ce cadre soit idéal pour leur éducation.

Néanmoins, les d’enfants qui étudient à ce point ne sont pas si nombreux, tout du moins au niveau du primaire.

Penses tu que le Juku et l’école puissent mettre en commun les compétences qui leur sont propres en matière d’éducation pour construire un système scolaire efficace ?

Je souhaite que l’école et les Juku travaillent ensemble pour construire un système d’éducation positif pour les enfants. Cependant, il y a une partie des professeurs d’écoles qui détestent les Juku ; ça me parait donc difficile de les introduire dans l’intégralité du pays.

En tant qu’éducateur, penses tu qu’il soit important de préserver le temps accorder aux enfants pour se divertir ?

Je pense qu’il est très important de laisser du temps libre aux enfants pour s’amuser. Mais je pense aussi que les élèves qui ne s’amusent même pas un minimum n’existent pas. Il faut que les écoliers s’amusent entre eux et apprennent la vie en société, c’est très important pour grandir.

L’école étant destinée à être abordable à tous, le niveau est il trop bas pour les bons élèves qui se tourneront vers le Juku quand ils veulent étudier ?

Jusqu’à la fin du collège, l’école est obligatoire au Japon. On y retrouve des élèves qui souhaitent étudier et d’autres qui n’en ont pas envie. Je pense que c’est un fait, le Juku est plus à même d’exploiter les capacités des bons élèves, de leur offrir des cours adaptés. Cependant, suivant l’endroit, on trouve des juku exigeants ou non, et j’ai déjà entendu parler de lieux où on en demandait plus aux élèves à l’école. Quoiqu’il en soit, le Juku ne se limite pas à offrir des cours correspondant au niveau des élèves.

Si les concours d’entrée n’existaient pas, les Juku n’auraient pas lieu d’être ?

Je ne peux imaginer un Japon où les tests d’entrée à l’école ou l’université n’existent pas. Je ne peux donc pas dire si le Juku aurait un sens ou non sans ces tests. Mais je pense que même si les tests disparaissaient, le niveau offert par les écoles ne pourrait être uniforme. Ainsi les élèves  qui souhaiteraient suivre les cours des meilleures institutions auraient besoin de se rendre au Juku pour ne pas être dépassés.

L’existence de cours privés du soir ne remet-elle pas en cause l’égal accès à l’éducation de tous au Japon ?

Même si le Juku crée des inégalités, je pense que ça ne fait rien. Le Juku est un business. Ca n’a rien à voir avec la situation d’une école publique. Pour les excellents élèves, il suffit qu’ils achètent les bons livres et qu’ils travaillent sérieusement pour être au niveau. Le problème est que, quoiqu’on fasse, les écoliers perdent l’envie d’étudier. Le Juku apparait alors comme un moyen de tirer le meilleur de chacun, de permettre aux élèves de dépasser leurs limites.

En tant que professeur, as-tu pris du plaisir à enseigner dans un Juku ?

En ce qui me concerne, vu que j’aime les enfants, le Juku était très amusant. Par ailleurs, en voyant les enfants comprendre les choses sous mes yeux, je me suis dit que ça valait la peine.

De manière générale, penses tu que le Juku est une bonne chose ?

Personnellement, que ce soit en tant qu’élève ou professeur, je trouve que le Juku est une bonne chose. En tant qu’élève, le Juku était comme une deuxième école où je me réjouissais de me rendre. Le rythme d’étude y était plus intense et les examens en devenaient amusants.

En tant que professeur, je pense que tant qu’il y aura des élèves pour trouver le juku intéressant, ça aura une valeur réelle.

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KENSUKE/Président de IVOTE

07/09/2009

 

L’association Ivote a été mise en place par des étudiants de Tokyo. A travers Ivote, Kensuke (président) et ses amis cherchent à rappeler aux jeunes Japonais que leur voie compte. Le groupe a été particulièrement actif durant l’été 2009, afin de préparer les élections législatives de la fin août, qui ont accouché d’une alternance politique historique.

 

Pourquoi avez-vous créé Ivote ?

Ca me fait beaucoup réfléchir de voir les gens de ma générations se désintéressés de la politique. Je me dis que si on ne

s’intéresse pas à la politique, il n’y a aucune raison pour que les politiciens fassent attention à nous. Moi, j’ai envie qu’on me voit.

Quel est le but recherché par Ivote ?

Encourager les jeunes dans leurs vingt ans à voter.

Quelles actions concrètes avez-vous entrepris afin d’encourager le vote ?

Nous utilisons les mails. Depuis que nous avons lancé Ivote, nous nous sommes souvent réunis dans différents endroits (dans la rue) pour parler de politique avec les jeunes d’une vingtaine d’années.

Quand les personnes ont l’air intéressé, nous leur demandons de se rendre sur notre site et d’y entrer leur adresse mail (de téléphone portable). Le jour de l’élection nous contactons toutes les personnes s’étant inscrites sur le site pour leur rappeler qu’il faut aller voter.

Combien de personnes avez-vous contacté le jour de l’élection ?

Pour cette élection, nous avons contacté environ 1300 personnes.

Vous avez rencontré toutes ces personnes dans la rue ?

Nous avons rencontré une partie d’entre eux lors de nos sorties en ville mais nous avons aussi bénéficié d’une bonne couverture médiatique. Des blogs, par exemple, ont œuvré à nous faire connaitre.

Pensez vous que les jeunes japonais n’ont pas un intérêt réel pour la politique ?

En fait, en 2005, le taux de participation des jeunes était assez élevé si on compare aux élections sénatoriales de 2007. Quand on a 20 ans, on n’est pas encore vraiment un acteur à part entière de la société (du monde du travail). Les étudiants n’ont pas vraiment de contact avec le monde réel. Même un jeune célibataire intégrant le monde du travail ne se pose pas vraiment la question de savoir ce que lui coûte ses impôts ou quel investissement représente un enfant.

L’intérêt pour la politique née avec le mariage et la nécessité de penser à l’avenir de son foyer et de ses enfants.

Pensez vous que l’élection de 2009 a marqué un changement dans le comportement des jeunes?

Il n’y a pas encore de statistiques. Néanmoins, les étudiants expriment une inquiétude quant à leurs possibilités de trouver un job à la sortie de l’université. Ceux qui travaillent ne sont pas rassurés quand ils pensent à leur avenir au sein leur entreprise. J’ai senti, à travers ce malaise ambiant, que cette élection avait un caractère plus important pour beaucoup de jeunes. Par ailleurs, l’alternance fait son apparition pour la première fois dans la vie politique japonaise. Cet enjeu a rendu l’élection passionnante pour toutes les classes d’âge. Les jeunes dans leurs 20 ans ne font pas exception.

Pensez vous que le gouvernement Hatoyama se montrera plus à l’écoute des jeunes ?

Cette fois, le PD mais aussi le PLD se sont plus adressés aux jeunes, en se saisissant par exemple du thème de l’aide à l’éducation des enfants. Je pense que les programmes comportaient des mesures destinées aux jeunes.

L’alternance au Japon est un événement historique. Pensez-vous qu’à l’avenir, le renforcement de la concurrence politique entre les partis puisse stimuler l’intérêt des jeunes lors des élections ?

Je pense que leur intérêt sera stimulé. Il est clair que jusqu’à maintenant, le PLD gagnait toujours et que les jeunes étaient lassés. La possibilité d’avoir une alternance offre la possibilité de faire grandir la société dans différentes directions, en responsabilisant les partis. Le pouvoir de faire basculer les choses sera une source de motivation importante.

A quel âge peut-on voter au Japon ? Est-t-on inscrit sur les listes électorales d’office ?

A partir de 20 ans. Dès qu’on a 20 ans, on peut automatiquement aller voter.

Ivote se compose de combien de membres ? Qui a fondé l’association ?

Il y a 11 membres à Ivote et je suis à la base de l’association.

L’association disparaitra-t-elle après ces élections ?

Non, nous continuerons.

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HIDE San

Février 2009

  

Akihide est un restaurant de Ramen tenu par Hide et sa femme Aki. Pour tous ceux qui apprécient la soupe de nouille à la japonaise, et qui n’ont pas peur de manger gras, ce lieu est un paradis. Le restaurant se situe aux environs de Kitashirakawa, dans le nord-est de Kyoto (adresse : 京都市左京区一乗寺北大丸町5-2). En tant que client régulier et aujourd’hui bon ami, j’ai proposé à Hide de tenter de m’expliquer ce qui fait le succès du Ramen au Japon ; ce plat qui, au même titre que le sushi, fait partie des références culinaires de l’archipel. La soupe de nouille a une place spéciale dans le cœur des Japonais. Le nombre de guides ou d’émissions télé lui étant consacré ont fait de ce plat une star. Chaque Japonais a un avis sur la question, sait précisément quel type de soupe il apprécie et a toujours un restaurant à vendre auprès de ses amis. Je vous présente ici le mien : une soupe d’une épaisseur onctueuse, opaque, laissant apparaitre à sa surface de la viande grasse et fondante. Ca me manque…

Site du restaurant : http://akihide.main.jp/

 

 

 

Quand le restaurant Akihide a-t-il ouvert ?

En 2005.

C’est assez récent !

En effet. En Octobre de l’année 2005.

Jusqu’en 2005, vous avez travaillé ailleurs ?

Oui, c’est ça. Jusqu’en 2005, j’ai travaillé dans un autre restaurant de Ramen.

On peut dire que vous avez toujours évolué dans le monde du Ramen…

Non. Après avoir fini l’école, j’ai poursuivi un an mes études puis j’ai travaillé dans une cantine à l’hôpital, ou dans un restaurant français. J’ai travaillé pendant un moment, puis j’ai eu envie de me construire un avenir et c’est là que j’en suis venu aux Ramen.

Pourquoi avez-vous pris la décision de lancer votre magasin de Ramen ? Vous avez une passion particulière pour le Ramen ?

Bien sûr que j’ai un intérêt pour le Ramen, mais je cherchais surtout à faire quelque chose qui peut se cuisiner rapidement et que les clients puissent manger sans attendre. Il n’existe pas tant de plats ayant ces caractéristiques.

Le Ramen est un plat qui vient de Chine, mais d’un point de vue français, ce plat fait partie de la culture japonaise. Pensez-vous que les Japonais et les Ramens entretiennent une relation particulière ?

 Je pense que le prix du Ramen est un élément important. Le Ramen est un plat bon marché. Aujourd’hui, il existe bien sûr des Ramenya (restaurant de Ramen) chers, mais dans le passé, c’était un plat qui ne coutait rien. Le Ramen, pour les Japonais, ne constitue pas un repas, mais un en-cas ; c’est le genre de plat qu’on veut manger quand on pense « j’ai un petit creux » mais qu’on n’a pas envie d’y passer trop de temps.

Les Ramen sont présents depuis longtemps au Japon ?

Je ne suis pas un spécialiste, mais il me semble que les Ramen sont arrivés au Japon dans les années 1870. A l’époque le commerce international s’est développé et donc le commerce avec les Chinois. Leur cuisine s’est répandue et le Ramen, qui en est une part importante, est apparu.

Il existe de nombreuses sortes de soupes pouvant accompagner le Ramen au Japon. Sont elles nées de recettes chinoises ou sont elles spécifiques au Japon ?

Les soupes chinoises sont des soupes au sel (Shio Ramen). Par ailleurs autrefois au Japon, les gens n’étaient pas habitués à la viande de porc ou de poulet. Par conséquent pour que le Ramen convienne à des goûts plus japonais, on a créé le Shôyu Ramen (à la sauce soja). A partir de ce moment, les Japonais ont apprécié le Ramen. Ce plat s’est développé dans les échoppes d’Asakusa (quartier de Tokyo). On dit que le Shôyu Ramen est né à Asakusa. C’était un plat qu’on dégustait quand on allait au Kabuki.

Quand vous avez décidé de lancer votre restaurant, comment avez vous fait pour créer cette soupe particulière ?

Il y a vraiment beaucoup de restaurant de Ramen, par conséquent, si je proposais la même soupe que tous les autres, je ne pourrais pas me distinguer. La concurrence est rude. Je me suis donc dit qu’il fallait quelque chose qui sorte de l’ordinaire et pour ça, j’ai imaginé une soupe très consistante.

Vous avez-vous-même créé cette soupe ? En faisant des essais ?

Oui je l’ai créé moi-même. J’ai tout décidé par moi-même, sans subir d’influences extérieures.

Vous avez ouvert votre restaurant en 2005. Y a-t-il une différence entre la soupe que vous faisiez à l’époque et celle d’aujourd’hui ?

En effet, elle a un peu évolué. Chaque année, ma soupe change un peu.

Elle est meilleure aujourd’hui ?

Je ne sais pas trop… (rire)

Akihide a pas mal de succès !

Ca va. Je pense que les gens méticuleux n’apprécient pas. C’est difficile de se former au goût de ma soupe et je la change un peu chaque année. C’était peut être meilleur autrefois.

Votre soupe a-t-elle un nom ? Appartient elle à une un type de soupe ? Le type Akihide peut être…

Elle est de type Kotteri. Type « Nôkô ». La soupe est très épaisse.

Akihide est la contraction de votre nom (Hide) et du nom de votre femme (Aki). Votre femme a-t-elle toujours partagé votre rêve d’ouvrir un restaurant de Ramen, ou était ce votre idée uniquement ?

Disons que nous avions tous les deux envie de proposer quelque chose de bon et de simple à manger pour nos clients. Nous avons créé ce restaurant ensemble et nous cuisinons ensemble.

A Paris, on trouve de plus en plus de Ramen plus ou moins bons, avec une soupe très différente de celle que vous proposez. Pensez vous que le Ramen est un plat facilement exportable ? La soupe d’Akihide pourrait elle convenir au goût des étrangers selon vous ?

Je ne pense pas que la soupe que je propose puisse convenir à des goûts étrangers. Je pense qu’il faut être Japonais pour l’apprécier.

Par exemple, il faut comprendre que le goût de Kyoto ne correspond déjà pas au goût des gens de Tokyo. J’ai pas mal de succès à Kyoto mais je pense que je n’en aurais pas à Tokyo.

En ce qui vous concerne, vous aimez tous les types de soupes de Ramen ?

J’aime tout les types de Ramen.

C’est incroyable, en tant que Français de voir à la tv des « Rois du Ramen » débattre du goût de chaque soupe. Je comprends que le prix ou l’idée de pouvoir manger rapidement soient attractifs, mais il y autre chose… Le Ramen fait vraiment partie de la culture culinaire japonaise.

Je dirais qu’on entre facilement dans un Ramen parce qu’il n’y a aucune exigence à l’entrée. C’est beaucoup plus difficile de rentrer dans des restaurants français ou autres. En fait le Ramen a un côté populaire, ouvert à tout le monde, qui fait son succès.

Avez-vous un fils ou une fille ?

Oui, j’ai un fils.

Vous avez envie qu’il reprenne l’affaire ?

Non, je n’en ai pas envie, parce que je veux qu’il se concentre sur ce qu’il souhaite pour lui-même.

Par conséquent, votre restaurant disparaitra quand vous prendrez votre retraite ?

Si quelqu’un souhaitait reprendre le restaurant, il pourrait rester en l’état…

Le jour où vous arrêterez, vous serez donc prêt à divulguer à votre successeur la recette de votre soupe unique ?

Oui, bien sûr. Ce n’est pas un problème pour moi.

Dans les environs, les Ramenya (restaurant de Ramen) sont très nombreux. La concurrence est rude ?

Le combat est rude ici, mais il n’y a pas de coups bas. Ce sont des concurrents qui me tirent vers le haut. Je m’entends bien avec eux.

Qu’est ce que les chefs des restaurants voisins pensent de votre soupe ?

Je vais manger chez eux et ils viennent manger chez moi. Ils me disent que ma soupe est bonne (rire). Et moi j’aime en général ce qu’ils proposent. Leur type de soupe est différent.

Quel âge avez-vous ?

J’ai 49 ans.

Vous êtes originaire de Kyoto ?

Oui.

Vous venez du nord de Kyoto, de Kitashirakawa ?

Non je viens du sud.

Pourquoi avez-vous décidé d’ouvrir votre restaurant ici ?

A l’époque où j’ai décidé d’ouvrir mon restaurant, je faisais des tours de moto le soir dans la ville pour voir où les clients se trouvaient. J’avais noté deux endroits potentiellement intéressants, ici et au niveau de l’université Doshisha. Je suis ensuite allé voir les agences immobilières du coin pour voir s’il y avait un restaurant de libre.

Vos clients sont surtout des étudiants ?

Oui, j’ai beaucoup d’étudiants. C’est pour ça que j’ai mis en place mon menu « Chui no sei », avec une grosse dose de riz et Karaage accompagnant le Ramen pour 600 yens.

Votre restaurant a-t-il souvent fait l’objet d’articles ?

Oui, c’est déjà arrivé plusieurs fois. Mais pas récemment.

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JULIA HAWKER/LINDSAY’S MOTHER

 23/05/2008

 

En mai 2008, l’enquête sur le meurtre de Lindsay Hawker, survenu alors qu’elle était partie enseigner l’anglais au Japon, était au point mort. En mars 2007, le principal suspect, Tatsuya Ichihashi avait fui pieds nus la police venue le questionner après la disparition de la jeune femme et n’avait plus été aperçu depuis. Finalement, après deux ans et demi de cavale, Ichihashi a été appréhendé le 10 novembre 2009, alors qu’il tentait d’embarquer pour Okinawa, après avoir subi une rhinoplastie. Depuis Ichihashi se terre dans un silence pesant. Ichihashi devra répondre à une inculpation pour meurtre et viol dont le verdict pourrait être la peine de mort.

Cette interview ne reflète donc pas la situation actuelle, mais la détresse de Julia Hawker, la mère de Lindsay, désespérée à l’idée que justice ne soit peut être jamais rendue. Une interview que j’ai eue du mal à terminer. Comment ne pas craquer qu’en une mère vous dit en pleurs, « She was beautiful »…

 
 
After what happened to Lindsay, what actions have you and your family taken in an attempt to have Ichihashi arrested ?

When it first happened, my husband went straight away to Japan to meet the staff at the embassy in Japan. We weren’t sure that she’d been murdered. But then, my husband arrived there and found out that it all happened. After the initial schock and after the funeral, the first thing that we did is set up a website called www.lindsayannhawker.com. We did so because, obviously, the communication between England and Japan is not easy. I mean, it’s such a long way away. And also we were concerned that maybe Ichihashi may have escaped from Japan. We thought that we would try to bring to the attention of as many people as possible. So we set the website up and, within the first two weeks, we had about 13 000 people.

What we do is we use the website to publish any information… We had lots of emails from all over the world through that website with potential information about where Ichihashi may be. The problem is that it is very difficult to get this followed up because a lot of leads weren’t investigated. The Japanese police is unable to investigate in a lot of countries because they’ve made diplomatic arrangements.

So we did the website. After that, we sent an email which reached about half a million people. And following that, my eldest daughter, Lisa, Lindsay’s sister, she set up a profile on a communication site called Facebook – I think a lot of french people use this too, right? – and there are 23 000 members on that as well. That’s called “Please remember this face”.

In addition, we have been back to Japan three times.

I heard you went recently, right?

My husband went straight away, then we went back after three months and then we’ve been just back again because it was a year six weeks ago. We went back again to make a press conference. People don’t realise that he hasn’t been caught.

You know if you can bring the information to the attention of any people, we would be very grateful. We haven’t been able to have an inquest yet, but if you could just emphasize it was a particularly nasty brutal murder. He’s a very very nasty horrible man. And it’s not just the way that he murdered her, it’s the way that he left her as well. He was obviously not sane.

We just can’t understand why the Japanese police can’t find him, to be honest. There’s only one man and you know, one wouldn’t say you can disapear in today’s society. That’s why we’re trying to use the internet and the Medias and everything that we can to try to make people realize that he is still out there. We don’t understand as a family why they haven’t been able to catch him yet.

How are your relations with the Japanese police? Can you really get all the information you want from them?

We have to try very hard. Originaly, I wrote to Margaret Beckett who was our foreign secretary and we went down to London, my husband and I, and our two daughters. We went to see the Japanese ambassador, we went to the parliament, we wrote to the Prime Minister. Remember that we did all this while our hearts are breaking, but we have had to do this because it is the only way that you can get any help. I don’t think people realise that when a young person, whether they’d be English, French, Spanish, Japanese, whatever, when they go and work abroad, if anything happens to them, you can’t get any information, it’s really difficult. You have to use every means that are available to you to find and get help. But there isn’t anybody who is setup to help you. There isn’t an agency, the Foreign and Commonwealth office doesn’t help you, the government doesn’t help you, the British police can’t help us, and the Japanese police… They’re doing the very best that they can but, with all your respect, their police forces are not as sofisticated perhaps as the one we’ve got in this country.

We might not be getting all the information that we want. I wouldn’t blame the Japanese on the efforts they’re making. They are not just as sofisticated. They don’t have the DNA advances and the scientific advances that the police in your country and ours use.

I read recently in a Japanese newspaper that they are right now carrying out a DNA test and that they may have a lead.

It wasn’t him.

You said that you have to communicate a lot about this but do you feel that you have a strong network of people in Japan, whether they are foreigners or Japanese who keep on fighting? I read about her ex coworkers handing flyers in the streets.

Lindsay was only there for 5 months. She didn’t leave England until October. She was 22 so she had just finished university. But she did make friends while she was there. There are 4 or 5 teachers who worked with her that do still keep up the profile and help us and we do speak with them. But it is, I have to say, extremely difficult to keep the communication with them. For the simple reason that they…

French people, and English people and European people have a lot of things in common. English people and Japanese people have very little in common. It’s a very different culture, it’s a different language, they have a whole set of different rules about how they live their lives. The problem we’ve been facing is in term of not understanding the way that each other live. The Japanese are very private people ; I don’t know what’s it’s like in France but if somebody is murdered in England, we can ask the police questions and they tell you as much information as they are able to. In Japan, they have very strict rules on privacy and so, it’s not that they don’t want to tell us things, it’s against the law for them to be able to reveal much detail about the case. Ultimatly, if it was your daughter who’d been murdered, what else can you do? You’ve got to use what is at your disposable.

We are not happy no! Because it’s not the type of investigation that we would have in England, but at the same time, I think that they are doing every thing that they can. You see, what we thought would happened and I’m sure you would think the same is “Ho, my child has been murdered! English police go out and help.” But that isn’t the case! They would not allow any police officers to go over there.

What do you think about the Japanese authorities? Are they fully supporting you? Your actions? Can you feel it?

No, they don’t have anything to do with us, at all.

And what about the Bristish authorities?

There isn’t anybody to support you. The Foreign and Commonwealth office in any country is not there to support the victims of murder or man slaughter or anything like that. With all due to your respect, you are very much on your own and I don’t think a lot of people realize it. There isn’t anybody, there isn’t a government agency.

The British police has been very good and they have really been the most supportive.

When you were in Japan the last time, I read that you were handing out flyers in the streets to the Japanese people to keep them aware. What was the impression that you got from the Japanese people? Could you feel they are still concerned?

The Japanese people are really wonderful people. They are very supportive. They are very upset about what happened. They are very ashamed of what happened and they are really respectful. We had hundred of letters and cards and presents from Japanese people who feel absolutly dreadful about what happened to Lindsay.

Lindsay was really loved by everybody! Honestly, she was such a lovely girl. You would have enjoyed time with her. She was such an outgoing pleasant kind person.

She was beautiful!

Bill Hawker (Lindsay’s father) : Thank you very much, please do all you can. My daughter was a beautiful girl and a clever girl. As a dad, I was the proudest dad in the world.

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