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Archive for mai 2010

KAMO RUGBY SCHOOL/YUKATA KAWAZAKI

19/05/2010

 

L’équipe des Brave Blossoms, le vaillant Quinze Japonais, est en passe de se qualifier pour la Coupe du Monde 2011. Cette compétition aurait dû, selon les observateurs, être organisée par le Japon, mais les pontes du ballon-ovale n’ont pu s’y résoudre. Rendez-vous donc en Nouvelle-Zélande.

Les Japonais se consoleront avec l’édition de 2019 qui leur a été attribuée en compensation, puisque celle de 2015 revient à l’Angleterre pour des raisons économiques plus qu’évidentes. En effet, le rugby au Japon est encore un sport mineur, malgré une aura réelle au niveau universitaire, dont les phases finales sont télévisées.

Yukata Kawazaki est un des ces bénévoles par qui passe le développement du ballon ovale dans l’archipel auprès des jeunes. Educateur à l’école de rugby de Minokamo – http://www.geocities.jp/kamorugby – il s’occupe des jeunes joueurs âgés de 6 à 15 ans. Il laboure par ailleurs lui-même les terrains du coin, aussi bien dans l’équipe des Minokamo Brutus – http://burutus.gozaru.jp – (ligue B de Gifu) que dans l’équipe régionale des vétérans des Wak Wak Gifuhttp://www.kakinuki.com. Rencontre avec un guerrier.

Cette interview a été réalisée par Sylvain Laugier, homme de rugby foulant aujourd’hui les terrain de Gifu de ses larges mollets. Je tiens à le remercier pour cette passionnante contribution. N’hésitez pas à visiter son blog : http://lejapondiwamura.blog128.fc2.com/.

 

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Yukata Kawazaki, j’ai 42 ans, je suis marié et j’ai deux garçons de 14 et 11 ans. J’ai commencé le rugby à l’âge de 35 ans, malgré un premier essai à l’époque du lycée. Je suis salaryman, mais je passe mes soirées et mes week-ends à faire du sport, au grand dam de mon épouse.

35 ans ? C’est généralement l’âge où les joueurs raccrochent les crampons. Comment en es-tu venu au rugby ? Faisais tu du sport auparavant ?

J’ai toujours été très sportif. Dans ma jeunesse, j’ai pratiqué le ski, la natation et le vélo sur route à hautes doses, comme la plupart de mes camarades lycéens membres d’un club sportif. Un jour, à l’occasion d’un cours d’éducation physique, j’ai essayé le rugby. Une expérience qui s’est avérée plutôt concluante.

Par la suite, je me suis un peu éloigné de la compétition sportive et en particulier du ski alpin, probablement par lassitude, je ne faisais que ça. Par ailleurs, l’entrée dans la vie active au Japon est une période intense, en particulier pour un salaryman. Je n’avais plus trop le temps à consacrer aux activités physiques.

Enfin, j’ai petit à petit pris mes marques pour finalement réussir à me libérer du temps après le travail pour recommencer le sport. Le week-end, je me suis mis à donné un coup de main en temps que parent à l’école de rugby locale dans laquelle mon ainée jouait… C’est là que j’ai décidé de chausser les crampons à mon tour !

C’est ainsi que tu es devenu entraineur ?

Oui. Petit à petit je me suis pris au jeu, et je suis devenu entraineur pour les jeunes à l’école de rugby.

Personnellement, je n’avais pratiqué que des sports individuels par le passé et le rugby a été une révélation. La solidarité, l’esprit d’équipe priment ; c’est quelque chose de grand que je n’ai jamais connu ailleurs. C’est dommage que mon ainée ait arrêté, mais heureusement le second a pris la relève !

Qu’apprécies-tu dans l’encadrement des jeunes ?

C’est très amusant. C’est une expérience enrichissante sous tous points de vue : pour les jeunes, pour l’entraineur et pour le joueur que je suis.

Qu’apprécies-tu en tant que joueur ?

L’esprit d’équipe.

Tu as dit que tu étais très sportif. Pratiques-tu d’autres sports que le rugby actuellement ?

Oui. Le vélo et du power lifting, de la musculation axée sur la force.

Cela représente combien d’heures de sport par semaine ?

12 heures par semaine.

12h par semaine ! Avec tes multiples casquettes de salaryman, époux, père de famille et coach, comment fais-tu pour t’organiser?

Pour le power lifting, je m’entraine après le travail avant de rentrer à la maison. Le principal problème, c’est l’école de rugby qui me prend parfois le week-end entier. Je m’occupe des collégiens qui ont entrainement le samedi et parfois match le dimanche. Quand  j’ai du temps libre pendant le week-end, je fais du vélo.

Mon épouse préfère que je fasse du vélo plutôt que du ski, pour une raison de coûts. Quoiqu’il en soit, je ne suis pas souvent chez moi le weekend, et ça ne la rend pas heureuse, je crois. Du coup, après les entrainements et les matchs je rentre rapidement à la maison. Je participe un maximum aux tâches domestiques (ménage, vaisselle, arrachage des mauvaises herbes) pour la soulager. Elle a l’air satisfaite.

Pour en revenir au rugby, quelle est l’image de ce sport au Japon ?

Le rugby est un sport mineur au Japon, surtout si on le compare au baseball ou au football. Au même titre que le ski, on dit qu’il est difficile à commencer lorsqu’on est adolescent ou adulte. Les deux sports sont perçus comme dangereux. Plus on débute jeune, plus on a de chances de les appréhender correctement. On considère que commencer au collège ou au lycée, c’est possible mais déjà difficile. Pour ma part, j’appartiens à la catégorie « le rugby, c’est muri (impossible) », qui comprend les étudiants et les adultes. Mais ce n’est qu’une image, j’en suis la preuve vivante! J’espère même que je puisse être un exemple pour les parents qui souhaiteraient se lancer.

Je vois. Mais comment expliques-tu que les clubs de rugby soient si peu nombreux alors que les équipes de lycées et d’universités ont une vraie histoire et un vrai niveau ?

Comme je te le disais, j’ai pratiqué intensément le ski au lycée. Une fois cette époque révolue, je n’ai eu qu’une envie, « arrêter »! Je pense que pour le rugby chez les jeunes aujourd’hui, c’est pareil. Par ailleurs, au début de la vie active, je crois que peu de gens ont le temps de s’adonner à la compétition sportive. En revanche, quand on a 40 ans, on commence à avoir du temps pour soi, on se dit « pourquoi pas jouer ou rejouer pour s’amuser »… D’autant que l’équipe des Waku permet de s’amuser avec des rugbymen de son âge.

Et au niveau régional, comment se porte le rugby dans la préfecture de Gifu ? Les clubs sont encore plus rares qu’ailleurs !

En effet, le gros problème, malgré un bassin de population important, est que peu de lycées ont une équipe de rugby. Cela se répercute sur les universités, qui ne proposent pas de club, par manque de potentiels joueurs. C’est problématique car souvent, les enfants qui ont pratiqué ce sport à l’école de rugby avec nous se retrouvent, à la fin du collège, dans l’impossibilité de poursuivre au lycée.

Quel est le style de jeu des japonais ?

Je pense que tous les styles de jeu existent au Japon. Quand nous nous concertons avec les autres entraineurs, l’idée que les joueurs manquent d’une bonne condition physique fait l’unanimité. Il y a longtemps, j’ai été témoin du match nul du Japon contre l’Ecosse. A l’époque, j’avais l’impression que les japonais étaient très forts sur ce point. Ils courraient partout. Aujourd’hui, afin de jouer contre les étrangers et rivaliser sur les contacts, il me semble que les japonais privilégient le gabarit au dépend de la condition physique.

Bien que meilleure nation d’Asie et disposant d’importants sponsors, les japonais sont encore loin du niveau des nations majeures. Que leur manquent-ils pour y parvenir ?

Il faut faire venir des entraineurs étrangers, parler du rugby, développer le tag rugby (rugby sans contact) chez les enfants afin d’encourager la prise d’espace et la technique de balle. Enfin, il ne faut pas seulement proposer des entrainements axés autour du « kiai » (気合, ardeur) ou du « konjo » (根性, tempérament) comme les japonais ont tendance à le faire (par exemple le run and pass, exercice prisé des anciens qui consiste à courir de plus en plus vite en faisant des passes ou en tapant dans le ballon sans autre but que de finir exténué). Il faut être plus technique.

Peux-tu me parler de l’école de rugby Kamo Rugby School et de tes objectifs pour ton équipe.

A l’école de rugby nous sommes 11 éducateurs pour 22 enfants. Les tranches d’âges vont du niveau maternel au collège. Il y a deux ans, nous utilisions un terrain avec une vraie pelouse, mais la municipalité de Minokamo en a décidé autrement et nous nous contentons aujourd’hui d’un terrain avec très peu d’herbe au bord de la rivière Kiso. C’est dommage car un bon terrain favorise le développement « rugbalistique » des enfants et surtout l’attrait pour ce sport des tout petits. Tomber sur l’herbe c’est tellement plus agréable ! Les parents participent également aux entrainements. L’ambiance est très conviviale et les enfants se sentent en sécurité.

En ce qui concerne mon équipe, les moins de 15 ans, j’espère les emmener jusqu’au tournoi national au stade Hanozono. Malheureusement, chaque année, nous nous faisons éliminer au premier tour des qualifications. Nous avons vraiment besoin d’améliorer nos structures et l’entrainement des joueurs.

Penses-tu que l’organisation de la Coupe du Monde 2019 permettra de faire évoluer les choses favorablement pour le rugby au Japon et à Gifu plus particulièrement ?

Pour l’instant, le comité de Gifu se concentre sur le « kokutai » (compétition annuelle omnisports regroupant toutes les préfectures) de 2012. Une équipe spéciale, les Gifu Seiryu Ruggers, a été créée pour l’occasion. Le comité préfectoral de rugby (http://www.gifu-rfu.jp) n’a encore pris aucune décision concernant le budget ou quoique ce soit d’autre pour 2019. Le problème, si on souhaite accueillir des matchs ici, reste la capacité des stades.

Parmi les enfants que tu entraines actuellement, certains seront peut être joueurs à la Coupe du Monde 2019…

Je n’y avais jamais pensé à vrai dire, mais si c’est le cas, je serai évidemment très fier et très content. 2019 sera vite là, tout le monde doit s’y préparer !

Que peut faire le comité préfectoral de rugby pour encourager la pratique du rugby à Gifu ?

En premier lieu, participer à la création de clubs dans les lycées et les collèges pour augmenter le nombre de pratiquants. Ensuite, il devrait inviter des équipes de la Top League (championnat national japonais de rugby d’entreprise) lors du festival du rugby en Avril. Jusqu’à maintenant, aucune équipe japonaise majeure n’y a participé. Enfin, il faut développer les terrains avec des pelouses.

 Comment vois-tu l’avenir du rugby à Gifu ?

 Franchement, le rugby ne pourra pas tomber plus bas qu’il est actuellement. Il faut développer l’environnement de jeu pour sécuriser la pratique dans les écoles de rugby, mais aussi dans les collèges ou lycées. Si on améliore le rugby sur tous les fronts (terrains, structures, joueurs, entraineurs), alors on pourra arriver à quelque chose de bien et devenir plus fort.

 Il se peut qu’un jour une équipe pro ou semi pro voit le jour à Gifu…

 Ce sera très difficile. Actuellement le rugby de haut niveau au Japon repose sur les équipes d’entreprises établies hors de la préfecture. Avec la crise économique, ces équipes ont connu de grosses difficultés. Elles reposent sur une seule entreprise et certaines ont disparu. D’un autre côté, ce serait possible, mais en se basant sur les ressources – joueurs et sponsors – de la préfecture voisine d’Aïchi, car à Gifu, les joueurs de bons niveaux ainsi que les sponsors sont rares. Quoiqu’il en soit, il faut passer par la formation. Si on développe le rugby pour les jeunes, l’avenir ne sera pas sombre pour le rugby de Gifu !

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 PENSION IKUMI/YUKATA TAGUCHI

04/05/2010

 

Le Japon n’est pas le plus célèbre spot de surf de la planète. Pourtant le Pacifique baigne ses côtes et certaines régions offrent de belles étendues de sable où les surfeurs se réunissent. Si Shônan attire les tokyoïtes le weekend et jouit donc d’une certaine renommée, des îles moins habitées proposent des vagues célébrées par les riders de l’archipel. La plage d’Ikumi, dans la préfecture de Kôchi en fait partie. Yukata Taguchi y gère une petite pension (Ikumi Minshuku – http://ikumi-ten.moonfruit.com) et partage sa vie entre la réception et les vagues. A 51 ans, il surfe depuis 30 ans.

 

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Yukata Taguchi. Je vis à Ikumi Toyo Aki dans la préfecture de Kôchi au Japon. Je suis né le 6 novembre 1958, j’ai donc 51 ans. Je suis gérant d’une pension.

Quelques mots sur la pension Ikumi.

C’est une pension à prix abordable que nous prenons soin de rendre confortable, où nous vous recevons avec amour. Elle se trouve sur l’Océan Pacifique, à l’entrée de la préfecture de Kôchi, quand on arrive de la préfecture de Tokushima. La ville est connue sous le nom d’Ikumi, la ville de l’Orient. La montagne y est verdoyante, la mer magnifique et de nombreux surfeurs se retrouvent sur ses plages. De la pension à la plage, il y a seulement deux minutes à pied. N’hésitez pas à utiliser nos planches de surf. La Pension Ikumi est un petit hôtel géré humainement. C’est un peu comme un Bed and Breakfast avec salle de bain et toilettes communes. C’est moins cher qu’un Ryokan ou qu’un hôtel standard. Il y a dix chambres. Vous pouvez nous louer des vélos, des planches, mais aussi suivre nos leçons de surf.

La pension Ikumi se destine-t-elle au tourisme du surf ? Est-il possible d’y séjourner pour de longues périodes ?

En effet, la pension vise les surfeurs qui représentent 90% de notre clientèle entre le mois de mai et la fin octobre. En revanche, de novembre à fin avril,  nous accueillons des pèlerins à hauteur de 70%.

Bien sûr les clients sont les bienvenus pour de longues périodes. Il y a d’ailleurs des réductions pour les séjours de longue durée. Par le passé, des Japonais mais aussi des étrangers sont déjà restés pour plus d’un mois.

Quelle est la meilleure saison pour surfer à Shikoku ? Comment sont les vagues ? Les cyclones sont ils fréquents ? Comment sont les plages ? Shikoku est un spot de surf célèbre au Japon ?

Je pense que les meilleurs mois pour surfer sont juillet, août, septembre, octobre, qui correspondent à la saison des cyclones. Pour ma part, je préfère les mois où les surfeurs sont moins nombreux, c’est-à-dire septembre, octobre et novembre. A cette époque, la température de la mer est tout de même de 25°C.

Les vagues d’Ikumi cassent sur la plage (shortbreak). En revanche, elles sont assez puissantes et relativement rapides. Avec la voiture, on a accès à toutes sortes de spots avec des vagues de récif ou d’estuaire.

Les plages de Shikoku et d’Ikumi sont très célèbres. L’intégralité des surfeurs japonais les connaissent.

Fais-tu du surf ? Si oui, depuis combien de temps ?

Je surfe depuis 30 ans.

Quelle place joue le surf dans ta vie ? Pourquoi cette passion ? Qu’est ce qui t’a amené au surf ? Ce sport a-t-il un sens particulier pour toi ? La culture surf est elle vivante actuellement au Japon ?

Le surf est au cœur de ma vie. Après chaque bonne session surf, je me sens tout simplement heureux. C’est à travers les magazines que j’ai découvert ce sport. C’est  mon challenge personnel.

Je ne sais pas si la culture surf va s’amplifier à l’avenir au Japon, mais je sais en revanche que plus il y aura de personnes pour essayer, plus le cercle de ceux qui ont ouvert les yeux sur la nature s’agrandira.

As-tu déjà surfé à l’extérieur du Japon ? Si oui, quelles sont les différences notables avec le Japon ?

Oui, je suis déjà parti en trip surf à l’extérieur du Japon. Comparé à mon pays, je pense que le surf est plus reconnu à l’étranger, autant au niveau du public que des institutions. Par ailleurs, et c’est un point important, les Etats, les collectivités locales aident à l’entretien des plages à l’étranger.

Peux-tu un peu me parler de l’histoire du surf au Japon ? Depuis quand ce sport est il arrivé sur l’archipel ? Qui l’a importé ? Le surf aujourd’hui au Japon a-t-il évolué par rapport à ses débuts ?

Concernant l’histoire du surf au Japon, il y a eu une très bonne émission qui a été diffusée l’année dernière sur la NHK. Je vais essayer de t’en faire une copie.

Dans le surf aujourd’hui, aussi bien les enfants que les personnes de 60 ans s’éclatent. On a aujourd’hui un large éventail de pratiquants de tous âges.

Y a-t-il une manière particulièrement Japonaise de concevoir ce sport ? Le surf est il pratiqué par les habitants des métropoles ? Penses-tu que la culture surf ait sa place sur l’archipel ?

Au Japon, le surf est perçu comme un sport de Bad Boys. Ou plutôt était. Récemment, ce sport jouit de plus en plus d’une certaine légitimité et apparait dans des pubs à la télévision ou encore dans des « Drama ». Par ailleurs, il y a de plus en plus de « salaryman » de la ville qui le pratiquent.

Le Japon est un pays cerné par les eaux. Je pense donc que la culture du surf lui correspond tout à fait. Il semblerait qu’autrefois, certains s’amusaient à glisser sur les vagues des nombreuses plages de l’archipel en utilisant des planches.

Où trouvez les meilleurs spots du Japon ?

Ce site est pratique à utiliser : http://www.bcm-surfpatrol.com

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