Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for juillet 2010

SUPPORTER DU « SAMOURAI BLUE »/SATO

06/07/2010

 

Les « Blue Samouraï » ont finalement quitté la Coupe du Monde 2010 après un parcours intéressant qui aurait pourtant pu se poursuivre si l’équipe avait décidé de jouer pleinement sa chance et de prendre le jeu à son compte face au Paraguay. Elle ne l’a pas fait, et la séance de tirs au but ne lui a pas donné raison. Les supporters japonais se sont quand même vus offrir quatre matchs de qualité et ont su faire preuve d’enthousiasme, à l’image de leur équipe. Voici les impressions recueillies auprès d’un footballer amateur, Kunio Sato.

 

 

Peux-tu décrire l’atmosphère qui a entouré cette Coupe du Monde 2010 au Japon ? Les gens se réunissaient ils dans les bars ou dans certains lieux publics pour encourager les « Blue Samouraï » ? Par rapport à 2002, les supporters étaient ils encore plus motivés ?

Personnellement, j’étais encore collégien en 2002, je ne peux donc pas dire si les adultes se réunissaient en ville pour regarder ensemble les matchs. En revanche, ce que je peux dire, c’est que pour la Coupe du Monde 2010, nombreux étaient ceux qui se retrouvaient très tard dans les bars ou les pubs pour suivre les matchs. Je me suis par exemple rendu dans un pub un samedi à 20h30 (heure japonaise) pour suivre l’opposition entre la Hollande et le Japon. C’était plein à craquer. Il y avait aussi beaucoup d’étudiants en échange venus de Hollande.

Est-ce que les femmes étaient aussi intéressées par cette compétition ?

J’ai vu de nombreux groupes de supporters uniquement composés de femmes. Elles portaient toutes les maillots du Japon.

En ce qui te concerne, comment as-tu vécu la qualification de l’équipe nationale japonaise pour les 1/8e de finale ? Le sentiment était il le même qu’en 2002 ? As-tu été surpris par le parcours de l’équipe ?

Avant la coupe du monde, le Japon a subi une série de défaites en matchs amicaux et les médias ont violemment critiqué l’équipe, la qualifiant de faible formation. Par conséquent, j’y ai moi aussi cru. Au final, j’ai été particulièrement surpris ! Tout le monde disait tellement que le Japon était faible, que personne n’avait pensé à se demander si les équipes adverses étaient fortes durant les matchs de qualification.

Es tu déçu du fait que le Japon se soit finalement faire sortir de ce mondial par le Paraguay ? Le Japon avait le potentiel pour aller un peu plus loin, non ? Quelle a été l’analyse des médias ?

Lorsque l’équipe est sortie des qualifications, nous avions tous pensé que nous avions déjà tout donné. Parmi nos rares occasions, nous n’étions pas capables d’en mettre au fond, nous aurions donc dû perdre en toute logique. De toute manière, même si nous avions passé le Paraguay, nous n’aurions eu aucune chance contre l’Espagne au match suivant.

Plutôt qu’analyser les causes de la défaite contre le Paraguay, les médias ont tout simplement félicité les joueurs.

Penses tu qu’en 10 ans, le Japon ait fortement progressé ? Il y a 10 ans, les joueurs japonais évoluant en Europe étaient plus nombreux…

Je pense qu’à l’époque où Troussier – entraineur français – tenait les rênes de l’équipe, l’attaque était plus forte. Aussi bien en 2002 qu’en 2010, la sélection japonaise a obtenu le même résultat, les 1/8e de finale. Je n’arriverais pas à dire quelle était la meilleure équipe, mais en revanche Okada m’a donné l’impression d’étudier constamment la manière de jouer des autres pays participants.

Comment peut-on expliquer, selon toi, la progression de l’équipe Japonaise ? Est-ce dû à une progression du niveau de la J League ?

Je ne regarde pas la J League, je ne saurais donc pas dire.

Pour toi, quelles sont les caractéristiques qui définissent les « Blue Samouraï » version 2010 ? (qualités et faiblesses)

Qualités : La communication au sein de l’équipe s’est très bien faite. Les joueurs sur le banc ont su refreiner leur envie d’entrer sur le terrain pour le bien être de l’équipe.

Défauts : Il n’y a aucun joueur de classe mondiale, clairement au dessus des autres (les coups francs de Honda ou d’Endo étaient merveilleux, mais ce n’est pas possible d’en marquer à chaque match).

Que penses-tu de la performance du coach japonais, M. Okada ? A quel point ses décisions ont-elles influencé les victoires en phase de poule, mais aussi la défaite en 1/8?

Je ne me suis personnellement jamais entretenu avec M. Okada et je ne sais donc pas ce qu’il a dit aux joueurs, mais je pense qu’il a toujours cru en eux et aussi en lui. Il n’a jamais reculé, même au plus fort des critiques qui s’abattaient sur lui. Il s’est toujours contenté de dire « Nous devons nous préparer pour le prochain match ». S’il avait montré à ses joueurs qu’il était satisfait des résultats, je pense que l’équipe n’aurait pas tout donné comme elle l’a fait.

A quel point Honda Keisuke est il un élément indispensable de la sélection japonaise ? Penses tu que le coach Okada ait eu raison de laisser sur le banc les stars vieillissantes telles que Nakamura, Ono ou encore Inamoto ?

A l’instar de Nakata qui a évolué en Europe à la Roma ou Nakamura qui jouait pour le Celtics, Honda a porté le maillot du VVV et du CSKA (il a beaucoup de fans en Hollande et en Russie). Les Japonais ont aussi eu vent de ses bonnes performances et l’attente autour de lui était donc naturelle. Concernant le cas Nakamura, il n’était pas au top de sa forme (blessure à la cheville), mais s’il n’avait pas eu de problème il aurait peut être tenu sa place aux avant-postes. Je pense qu’il y a tellement de sponsors entourant ce joueur, qu’il aurait été impossible pour Okada de le laisser sur le banc.

Maintenant que le Japon a quitté la coupe du monde, qui as-tu décidé de soutenir ? Quelle équipe soutiennent les Japonais ?

Je suis pour les Allemands ! En général, les Japonais supportent l’équipe qui jouit du meilleur traitement par les médias. (rire)

Publicités

Read Full Post »

SUPPORTER DU  » SAMOURAI BLUE »/KOSUKE

05/07/2010

 

Les « Blue Samouraï » ont finalement quitté la Coupe du Monde 2010 après un parcours intéressant qui aurait pourtant pu se poursuivre si l’équipe avait décidé de jouer pleinement sa chance et de prendre le jeu à son compte face au Paraguay. Elle ne l’a pas fait, et la séance de tirs au but ne lui a pas donné raison. Les supporters japonais se sont quand même vus offrir quatre matchs de qualité et ont su faire preuve d’enthousiasme, à l’image de leur équipe. Voici les impressions recueillies auprès d’un footballer amateur.

 

Peux-tu décrire l’atmosphère qui a entouré cette Coupe du Monde 2010 au Japon ? Les gens se réunissaient ils dans les bars ou dans certains lieux publics pour encourager les « Blue Samouraï » ? Par rapport à 2002, les supporters étaient ils encore plus motivés ?

Les supporters étaient incroyablement motivés. Nombreux étaient ceux qui se réunissaient dans les bars ou bien chez leurs amis. L’excitation n’a tout de même pas atteint celle de 2002, mais, en dehors de cet événement particulier parce qu’au Japon, je ne me souviens pas d’une autre Coupe du monde suscitant un tel engouement.

Est-ce que les femmes étaient aussi intéressées par cette compétition ?

Oui, je pense que les femmes suivaient aussi les matchs.

En ce qui te concerne, comment as-tu vécu la qualification de l’équipe nationale japonaise pour les 1/8e de finale ? Le sentiment était il le même qu’en 2002 ? As-tu été surpris par le parcours de l’équipe ?

Je pense qu’en comparaison de 2002, les conditions ne jouaient pas en notre faveur (nous n’étions plus à domicile, nos adversaires étaient de grande qualité…). On pourrait donc dire que la sélection 2010 a obtenu de meilleurs résultats.

J’ai toujours perçu chez cette équipe une véritable propension à se battre, je ne suis donc pas surpris.

Es tu déçu du fait que le Japon se soit finalement faire sortir de ce mondial par le Paraguay ? Le Japon avait le potentiel pour aller un peu plus loin, non ? Quelle a été l’analyse des médias ?

Nous avons perdu contre le Paraguay, c’est comme ça… D’un autre côté, il y avait la place pour passer. C’est donc dommage.

Penses tu qu’en 10 ans, le Japon ait fortement progressé ? Il y a 10 ans, les joueurs japonais évoluant en Europe étaient plus nombreux…

Si on regarde les résultats, on peut dire que le Japon est plus fort aujourd’hui. Mais je pense que c’est moins le fait des joueurs que des supporters et des médias qui, par leur intérêt, font évoluer ce sport.

Comment peut-on expliquer, selon toi, la progression de l’équipe Japonaise ? Est-ce dû à une progression du niveau de la J League ?

Aujourd’hui comme par le passé, il n’y a pas de grands joueurs étrangers dans la J League. Je pense malheureusement que le niveau de notre championnat diminue, mais, en même temps, le niveau des joueurs japonais est peut être en progression.

Que penses-tu de la performance du coach japonais, M. Okada ? A quel point ses décisions ont-elles influencé les victoires en phase de poule, mais aussi la défaite en 1/8?

La grande réussite d’Okada, c’est d’avoir su unir cette équipe. Pour ce qui est de la défaite en 1/8e, je ne pense pas qu’on puisse le mettre en cause. Le problème, c’était plutôt l’incapacité des joueurs à faire la différence et un certain manque de chance.

A quel point Honda Keisuke est il un élément indispensable de la sélection japonaise ? Penses tu que le coach Okada ait eu raison de laisser sur le banc les stars vieillissantes telles que Nakamura, Ono ou encore Inamoto ?

Je pense que pour cette compétition, les 23 joueurs sélectionnés avaient leur importance. Honda a des aptitudes de buteur intéressantes qui peuvent manquer à d’autres joueurs. Pour ses buts, Honda a effectivement été un joueur important mais je ne le considère pas comme le meilleur joueur de notre sélection. Je ne connais pas les raisons exactes qui ont poussé Inamoto, Nakamura ou encore Ono sur le banc, mais néanmoins, je pense que c’était la bonne décision. Aucun regret !

Maintenant que le Japon a quitté la coupe du monde, qui as-tu décidé de soutenir ? Quelle équipe soutiennent les Japonais ?

Personnellement, j’ai soutenu le Ghana (mais ils ont perdu depuis). Au Japon, l’Argentine et le Brésil sont très populaires, mais ils ont aussi été éliminés. Je pense que parmi les équipes encore en lice, l’Espagne est la plus appréciée.

Read Full Post »

DR. TAKASHI TOMITA

 

Le docteur Tomita est une célébrité au Japon. Il arrive habilement à combiner légitimité académique et image grand public, à travers ses fréquentes apparitions à la télévision, dans des programmes où il est chargé d’analyser sous le prisme de la psychologie, sa spécialité, toute sorte de phénomène de société au Japon.

Je suis, pour ma part, entré en contact avec le Docteur Tomita afin qu’il m’éclaire sur le phénomène Disney Land au Japon. Voilà maintenant plus de 5 ans, suite à ma première visite dans le parc de Tokyo, que je me pose sans cesse la question « Pourquoi cette passion profonde et souvent débordante des Japonais pour Mickey et consorts ? ». Après la publication d’un livre consacré au sujet – ディズニーランド 深層心理研究/Disney Land, Shinsô Shinri Kenkyû/Une étude psychologique de Disney Land – le Docteur Tomita me semblait être l’homme de la situation. Comme vous pourrez le lire dans l’interview qui suit, le succès du parc s’explique principalement par le rapport quasi religieux qu’il entretient avec les habitants de l’archipel.

 

Pouvez-vous vous présentez ?

Je suis professeur titulaire en Sciences des Relations Humaines à l’Université Komazawa à Tokyo. Je suis plus précisément spécialisé dans la psychologie cognitive et la psychologie appliquée. Je suis né en 1949 à Tokyo. Je suis diplômé de l’Université de Sophia (Tokyo). Je suis actif dans le monde des médias – radio, journaux, magazines, télé – du fait de ma capacité à vulgariser les concepts de  psychologie.  J’ai, par ailleurs, publié de nombreux ouvrages.

En 2008, il y a eu 27,2 millions d’entrées à Tokyo Disney Land et Tokyo Disney Sea. Comparées aux 15,3 millions d’entrées de Paris Disney Land, les entrées japonaises sont deux fois supérieures. Par ailleurs, il y a seulement 43% de français parmi les visiteurs de Paris. Il serait plus juste d’appeler Paris Disney Land, le Disney Land de l’Europe. Les visiteurs potentiels sont plus nombreux, ce qui  rend les résultats de Tokyo d’autant plus impressionnants.

Est-ce que Disney Land et plus globalement le monde de Disney correspondraient plus aux Japonais ?

Trois raisons principales expliquent le succès du parc au Japon.

–          Premièrement, les japonais d’aujourd’hui n’en ont pas vraiment conscience, mais leur pensée est soumise à une influence du monde religieux traditionnel. Au Japon, une des caractéristiques de la religion est qu’elle est fortement liée au concept polythéiste d’animisme. Cette tendance transparait dans la culture Otaku, la Japanimation – dans les œuvres d’Hayao miyazaki, par exemple. Si on analyse ce succès à travers le prisme de la psychologie, il n’est pas difficile d’imaginer que le monde de Disney, où les arbres et les fleurs sont animés et chantent, fasse partie de ce rapport aux choses fondé sur la pensée animiste.

–          Deuxièmement, il existe, chez les Japonais, un véritable engouement pour l’art traditionnel des Karakuri (poupée mécanique fabriquée du 17e au 19e siècle) en  tant que prouesse technique. On peut dire que le Karakuri, au même titre que l’intérêt profond des Japonais pour les techniques de pointe et de précision entrainent le Japon et ses habitants vers une société de Science Fiction où les êtres humains cohabitent avec les robots. Ainsi, Disney Land, qui sait manier avec brio cet univers futuriste fantasmé, apparait comme le « Pays des rêves » aux yeux des Japonais.

–          Troisièmement, les Japonais sont traditionnellement attachés au concept d’harmonie du groupe. Ils reconnaissent et apprécient les efforts faits à l’unisson par le personnel de Disney Land qui tentent de faire vivre le parc comme un pays de magie. Cette collaboration générale au service du groupe (plus que dans n’importe quel autre pays) donne à Disney Land une valeur inestimable.

Pourquoi Disney Land est il bien plus populaire auprès des Japonais que n’importe quel autre parc d’attractions ?

En raison de la détérioration de la situation économique, tous les autres parcs d’attractions se livrent une lutte acharnée, mais Disney Land seul est assuré de la victoire. Alors que les autres parcs regorgent d’attrape-couillons ou d’attractions peu évoluées, Disney Land apparait comme un temple d’innovations technologiques. Le Japon est un pays profondément polythéiste, chaque région proposant son lot de dieux plus ou moins folklorique. Les personnages de Disney, avec leur petit côté « trickster » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Trickster), se sont imposés à la population japonaise comme des dieux venus de l’étranger, au même titre que Daikokuten (divinité japonaise de la richesse, du commerce et des échanges) ou encore Benten sama (déesse de la chance et de l’eau) autrefois – veuillez garder à l’esprit qu’au Japon, des stars du Baseball ou du show-business peuvent être perçues comme des dieux.

J’ai déjà mentionné ultérieurement l’esprit d’harmonie régnant dans le parc, dont chaque membre du personnel est le gardien. A travers la manière dont le staff s’adresse aux clients et à travers cette volonté perpétuelle de répondre à tous leurs désirs, Disney Land n’apparait plus comme une simple institution dédiée au divertissement, mais comme un temple où tous les vœux sont exaucés.

Pensez-vous que la grande popularité de Disney Land s’explique par la bonne gestion d’Oriental Land (société japonaise propriétaire et gestionnaire du parc) ? Pensez-vous que Disney Land aurait  eu autant de succès s’il avait été géré jusqu’à maintenant par The Walt Disney Company ? Est-ce qu’Oriental Land a mis en place une gestion du parc visant la clientèle japonaise en particulier ?

Aux Etats-Unis, le succès est dû à une gestion classique globale, alors qu’au Japon, on a opté pour une gestion personnalisée de la clientèle.

Le succès est aussi dû au fait qu’il existe une véritable exigence morale vis-à-vis de la qualité du service, pour quiconque travaille à Disney Land. En résumé, l’esprit qui anime les employés, au moment de ramasser les ordures du parc, n’est pas la volonté de percevoir une rémunération, mais plutôt la volonté d’offrir un service presque religieux à travers lequel le monde fantastique de Disney devient réalité. Vu par des personnes extérieures, travailler à Disney Land pourrait se résumer à une succession de tâches ingrates, mais pour le personnel du parc, c’est un travail important qui a un sens réel. Pour les hommes et femmes membres du personnel de Disney Land, divertir les clients et les renvoyer chez eux comblés le soir apparaissent comme des missions aussi valeureuses qu’officier dans un temple.

J’ai relevé deux choses très intéressantes dans les interviews de clients japonais du parc que j’ai réalisées. J’aurais aimé avoir votre avis sur certains de leurs propos.

« A chaque fois que je me rends à Disney Land, j’ai l’impression de retomber en enfance. Au Japon, la vie active est très difficile, très exigeante, il est donc normal de vouloir revivre une période plus douce telle que sa jeunesse. Pour ma part, la période que j’ai préférée dans ma vie était celle de l’université. En quatre ans d’études supérieures, je me suis rendue trois fois à Disney Land. »

« Si je pouvais vivre à Disney Land, je le ferais sans hésiter. »

La pureté de l’enfance à été érigée en idéale dans de nombreux pays d’Asie. L’insouciance et de l’innocence des bébés comme un idéal est un concept de base de la pensée de Lao Tse venue de Chine ou du Taoïsme. Au Japon aussi, cette manière de pensée à profondément pénétré l’esprit japonais ; c’est pourquoi des déclarations telles que « je veux retomber en enfance » ou encore « je veux revivre cette période d’innocence » n’ont rien de surprenant. Disney Land réveille le cœur de l’enfant qui vibre en chacun de nous. Résultat : il nait chez l’individu un sentiment d’apaisement. Un lieu qui apaise les hommes est sans hésitation ce qu’on peut appeler un « lieu sacré ».

En revanche, les personnes qui visitent cet endroit font la différence entre ce « pays des dieux », ce « paradis » et le monde profane de la vie d’entreprise, de la vie de tous les jours. Ils comprennent qu’ils doivent vivre dans ce monde profane. Les Japonais comprennent que « vivre à Disney Land » ou encore « devenir citoyen de Disney Land » ne sont que des rêves et qu’ils doivent vivre dans le monde réel.

Le fait de se rendre à Disney Land a-t-il un rapport avec l’âge ?

Moins qu’une question d’âge, je pense  que la vraie question est de savoir jusqu’à quel point les dessins animés et le monde du divertissement créés par Disney Land sont devenus une référence culturelle commune à tout l’archipel. En d’autres mots, jusqu’à quel degré les mythes créés par Disney sont ils partagés par tous ?

Si on prend l’exemple de la génération la plus vieille qui n’a jamais connu Disney ou, à l’opposer, des jeunes qui ne pensent qu’aux jeux vidéos, ces deux tranches de la population auront naturellement tendance à ne pas sillonner les allées du parc, du fait du peu de références qu’ils partagent avec cet univers.

En 1998, le Staff du parc Disney Land Paris s’est mis en grève pour une vingtaine de jours. Les revendications du personnel portaient sur une hausse de leur salaire. Au Japon, faire partie du personnel de Disney Land est quelque chose de magnifique. Pourquoi ?

Comme je l’ai déjà mentionné auparavant, le personnel de Disney Land partage des valeurs et c’est pour les exprimer qu’ils travaillent dans le parc. Pour le personnel de Paris, le job consiste seulement à animer un monde de dinette – c’est pour ça que la question financière est importante – mais, pour les  Japonais, c’est un job merveilleux, plein de valeurs, qui consiste à donner vie aux rêves des gens.

Read Full Post »

%d blogueurs aiment cette page :